Image 01/06 vue d'ensemble (fragment N°02)
 


Passe partout, 2008

Le granit, Belfort (FR)

marbre, carrelage, plexiglas, pvc, contreplaqué, médium, mélaminé, aggloméré, bois de coffrage, parpaing, briques, aluminuim, tôle, verre, dibon, zinc, ardoise, polystyrène, placoplâtre...
different kind of marble, ceramic, wood, plastic and metal + concrete, glass, plasterboard...

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La « construction » que réalise sur place Séverine Hubard dans la Galerie est un assemblage de différents matériaux désignant « l’envers du décor» et prenant comme origine les caractéristiques du lieu : son nom, (Le Granit) ainsi que les gestes architecturaux successifs qui l’ont fondé : matériaux de construction habituellement non visibles, et d’autres éléments liés à la décoration intérieure du bâtiment.
Sculpteur ou plus précisément « constructeur » ainsi se définit l’artiste. Ce terme lui convient en ce qu’il fait écho à la dépense manuelle et physique, à l’énergie déployée dans ses réalisations : empilements ordonnancés, géométriques, ou structures parfois plus précaires ; le caractère performatif et éphémère de son travail s’illustre également dans le choix des titres qui mettent l’accent sur le processus d’élaboration des oeuvres : donc et or car mais ni ou, paysage défenestré, défonce, passe-partout. L’artiste travaille in-situ érigeant en atelier le lieu qu’elle investit durant la période d’installation. Avec un art savant du bricolage et de l’à propos, elle excelle à jouer des codes du mobilier et de l’architecture, introduit des rapports d’échelle, détourne, assemble, arrange en modules des éléments hétérogènes collectés et puisés dans le «stock» préalable et spécifique à chaque construction. Souvent empreintes d’un sentiment d’urgence, de précarité, les «architectures» de Séverine Hubard troublent notre perception, notre point de vue sur les espaces qui nous entourent et dans lesquels nous vivons au quotidien. …nombre de mes oeuvres disparaissent, -dit-elle- elles n’existent que pour un temps donné et il n’en reste souvent que des images. En même temps que se dématérialise l’une de mes installations, se désagrège par la même occasion la marchandise qu’elle pourrait devenir.
Parce qu’une oeuvre vivante n’est jamais finie, Séverine Hubard prolonge son exposition à la Galerie par une dispersion de son oeuvre chez des habitants. Les visiteurs intéressés pourront choisir –et réserver– un fragment de sa construction sur le catalogue mis à leur disposition sur place. L’acquéreur –qui devra venir retirer l’objet de son choix le jour du finissage– s’engage par contrat avec l’artiste à la recevoir à son domicile courant octobre, pour qu’elle réalise des images de l’oeuvre choisie, mise en situation chez lui. S’en suivra une édition cartographiant les nouveaux territoires de l’oeuvre Passe-partout, de l’espace public à l’espace privé.

Monique Chiron